2019 – Homo sum

English version below – Versione italiane sotto

Homo sum, humani nihil a me alienum puto, je suis un Homme, rien de ce qui est humain m’est étranger. (Publius Terentius Afer dit Terence).

Lors des dernières fêtes de fin d’année, je me suis retrouvé dans un contexte imprévu qui fut, je dois le dire, un moment fort d’humanité et aussi un instant de partage inédit glaçant. J’ai été invité à déjeuner à une table d’européens qui faisaient partie des cinquante pour cent de la population qui gagne moins de la moyenne mensuelle du salaire européen, soient 1850 €. Certains ne dépassaient pas les 750 € par mois. Il y avait parmi eux deux français, mais aucun d’entre eux ne s’est revendiqué comme un gilet jaune.

Je les ai écoutés attentivement et longuement. C’est une situation qui demande de se taire plutôt que de faire de grands discours sur l’éthique ou l’amour, comme c’est mon habitude auprès des dirigeants avec lesquels je travaille. D’autant plus que leur générosité, autour des agapes, était impressionnante. Bien plus élevée que ne pouvait l’être ma propre générosité d’ailleurs.

J’en avais l’intuition depuis longtemps, mais la compréhension que j’avais de la situation avait seulement atteint ma tête et non pas mon cœur. Leurs gestes, leurs attitudes me firent instinctivement comprendre qu’ils savaient mieux que quiconque ce qu’est la fraternité. Ils n’avaient rien à perdre donc ils donnaient naturellement. Cela m’a tout de suite rappelé la célèbre maxime de Terence, Homo sum…, le père de l’humanisme, qui fut complétée par celle de Cicéron qui lui donna ses lettres définitives de noblesse à travers le concept de humanitas : « la solidarité vient du fait qu’un être humain ne peut pas être étranger à un autre être humain du fait qu’il est un être humain ». Nous étions frères et sœurs en humanité, nous provenions du même fondement, nous étions unis au-delà de nos catégories sociales. J’ai entendu la colère contre les politiques, j’ai entendu le bruit sourd de rage qui vient sans se dire, par pudeur, mais qui prépare une révolte invisible…j’ai entendu leur dialogue sur les inégalités, j’ai entendu leur refus de l’Europe, j’ai entendu leur dégoût, leur désespoir mais aussi la solidarité qui les animait toutes et tous dans un élan de survie d’humanité qui les soutient.

Pour 2019, je ne souhaite au fond qu’une chose, c’est que chacune et chacun de nous, qui sommes plus privilégiés que d’autres, prenions encore un peu plus conscience que l’humanisme, l’éthique, la fraternité ne sont pas des mots à la mode pour avoir de beaux slogans politiques, pour faire jolie dans les médias et dans les rapports financiers des entreprises mais bien plus…ils nous offrent la possibilité d’incarner, dans des gestes simples quotidiens, une éthique de l’action au service de ceux qui en ont le plus besoin. Nous n’en serons que plus humains.

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Homo sum, humani nihil a me alienum puto, I am a man, nothing that is human is foreign to me. (Publius Terentius Afer dit Terence).

During these last end of year festivities, I found myself in a totally unforeseen circumstance which was, I must say, a moment of strong humanity and also a strikingly new experience of sharing. I was invited to lunch at a table of Europeans who were part of the fifty percent of the population who earn less than the monthly average of the European salary, that being 1850 €. Some of which did not exceed 750 € per month. There were two Frenchmen among them, neither of them claimed being part of the yellow vest movement.

I listened to them carefully and at length. This was a situation that required keeping quiet rather than making big speeches about ethics or love, as is my habit with the business leaders I work with. Especially since their generosity, during the feast, was so impressive. Much higher than my own generosity could be.

For a long time I had an intuition of this, but my understanding of this had only ever only reached my head and not my heart. Their gestures, their attitudes made me instinctively understand that they knew better than anyone what brotherhood is really all about. They had nothing to lose so they gave naturally. It immediately reminded me of Terence’s famous maxim, Homo sum …, the father of humanism, which was completed by  Cicero who gave him his definitive letters of nobility through the concept of humanitas: « solidarity comes from the fact that a human being cannot be foreign to another human being because he is a human being « . We were brothers and sisters in humanity, we came from the same foundation, we were united beyond our social categories. I heard their anger against the politicians, I heard the thud of rage that comes without saying it, out of modesty, although preparing an invisible revolt … I heard their dialogue about inequalities, I heard their denial of Europe, I heard their disgust, their despair but also the solidarity that drove them all in  momentum for the survival of the humanity that supports them.

For 2019, I really only want one thing: that each and every one of us, who are more privileged than others, to be a little more aware that humanism, ethics, fraternity are not mere buzzwords to push forth political slogans, to look good in media and companies financial reporting but more … that they offer us the opportunity to embody, in simple everyday gestures, an ethics of serving those most in need. Then and only then will we be more human.

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Homo sum, humani nihil a me alienum puto,. Sono un uomo, nulla di ciò che è umano mi è estraneo. (Publius Terentius Afer dit Terence).

Durante queste ultime feste di fine anno, mi sono trovato in un contesto imprevisto che è stato, devo dirlo, un momento di forte umanità e anche un istante di condivisione inedita incredibile. Sono stato invitato a pranzo a una tavola di europei che facevano parte del cinquanta per cento della popolazione che guadagna meno della media mensile di uno stipendio europeo, cioè molto meno di 1.850 euro. Alcuni addirittura non superano i 750 euro al mese. C’erano tra loro, due francesi ma nessuno tra loro ha detto di essere un gilet jaune.

Li ho ascoltati attentamente e a lungo. La situazione richiede il silenzio piuttosto che grandi discorsi sull’etica o l’amore, come è mia abitudine quando discuto con i dirigenti con cui lavoro. Tanto più che la loro generosità, in occasione di questo convivio, era enorme. Molto più alta di quanto non potesse essere la mia perlomeno.

Avevo questa impressione già da molto tempo, ma la comprensione che avevo della situazione era razionale e non emozionale. I loro gesti, i loro comportamenti mi fecero subito capire che sapessero meglio di chiunque altro cosa fosse la fraternità. Non hanno niente da perdere quindi donavano naturalmente. Questo mi ha subito ricordato la celebre massima di Terenzio, Homo sum… il padre dell’umanesimo, che fu completata da quella di Cicerone che gli diede un tocco di nobiltà attraverso il concetto di humanitas: “la solidarietà viene dal fatto che un essere umano non può essere estraneo a un altro essere umano poiché è un essere umano”. Eravamo fratelli e sorelle in umanità, proveniamo dallo stesso fondamento, eravamo uniti al di là delle categorie sociali. Ho sentito la rabbia contro i politici, il rumore assordante di una collera che arriva senza essere detta, per pudore, ma che prepara una rivolta invisibile… ho sentito il loro dialogo sulla diseguaglianza, ho sentito il rifiuto dell’Europa, ho sentito il loro disgusto, la disperazione ma anche la solidarietà che li animava tutte e tutti in uno slancio di sopravvissuta umanità che li sostiene.

Per il 2019, non mi auguro che una cosa, che ciascuna e ciascuno di noi, che siamo privilegiati rispetto a molti altri, prendiamo più coscienza che l’etica, la fratellanza non sono solo delle parole “alla moda” o compiacenti slogan politici, o per farci belli sui social media… sono molto di più…ci offrono la possibilità di incarnare, in gesti semplici quotidiani, un’etica dell’azione al servizio di quelli che ne hanno più bisogno. Non si tratta d’altro che di essere più umani.

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3 réflexions au sujet de « 2019 – Homo sum »

  1. Haertig Olivier

    Le plus difficile à supporter pour les déclassés de la mondialisation libérale, que l’Europe a imposé comme un automate et à marche forcée depuis 30 ans, est le mépris où les « élites » intégrées, formées et mobiles, les ont tenues pendant une génération. Cela a commencé avec l’ignoble film « Dupont la Joie » où les bourgeois bohêmes ont commencé à considérer le Français moyen comme demeuré, inculte, aviné, raciste et xénophobe (alors qu’ eux se mettaient en scène : cultivés, raffinés, supérieurement intelligents et généreux…). Il est plutôt étonnant qu’ils se soient laissés faire pendant si longtemps, jusqu’à ce qu’un petit marquis propret et intégré les présente comme des fumeurs de clopes roulant en diesel. Par malchance, le petit marquis est aussi le porte-parole du gouvernement…

    Qui a pris la parole dans les médias ou parmi les politiques supérieurs, en France et en Europe, pour s’insurger contre les délocalisations à marche forcée des années 90 qui ont créé des déclassés à la chaîne? Ou contre la suppression des quotas laitiers qui pousse au désespoir et même au suicide une partie de nos compatriotes dont on reconnaitra lorsqu’ils auront disparu qu’ils étaient les derniers jardiniers du paysage français.

    Lire le dernier ouvrage de Houellebecq, qui n’est même plus un prophète mais un mémorialiste de la grande faucheuse libérale, mûe par l’idéologie mortifère du TINA (there is no alternative…).

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    1. Emmanuel Toniutti Auteur de l’article

      Cher olivier, je te remercie infiniment pour ton message. Nous nous connaissons maintenant, toi et moi, depuis assez longtemps, pour savoir que nous partageons les mêmes valeurs humanistes et que nous avons ce dialogue ensemble depuis 15 ans. Mais voilà l’heure du « trop tard » est arrivée, les extrêmes politiques croissent, non pas parce que les citoyens croient en eux mais parce qu’ils dénoncent la réalité des faits sans forcément avoir de solutions. Les autres nient la réalité des faits et n’ont pas de solution. Peu de gens ont compris que nous allons vers des heures sombres…très sombres et insoupçonnées. Nous avons le devoir de protéger nos enfants car il faut se rendre à l’évidence que ce ne sont pas les politiques qui vont le faire pour nous ! Nous devons prendre notre destin en main http://www.entrepreneurs-humanistes.com

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